La rhizoctonia sur gazon, c'est cette maladie fongique qui transforme votre pelouse en patchwork de taches brunes circulaires, souvent en quelques jours à peine quand la météo joue contre vous. Elle est causée principalement par Rhizoctonia solani (la fameuse « brown patch ») et parfois par Rhizoctonia zeae, et elle frappe surtout en été, entre juin et septembre, quand les températures dépassent 28-30 °C le jour et restent au-dessus de 21 °C la nuit, avec une humidité élevée. La bonne nouvelle : on peut stopper l'évolution et relancer la pelouse sans forcément sortir les gros moyens, à condition d'intervenir vite et dans le bon ordre. Un bon moyen de prévenir ce souci est de comprendre les cas où des organismes comme le nostoc peuvent aussi coloniser les zones humides et fragiliser le gazon relancer la pelouse.
Rhizoctonia du gazon : diagnostic et traitement immédiat
Reconnaître la rhizoctonia sur votre pelouse

Les symptômes sont assez caractéristiques une fois qu'on sait quoi chercher. Vous allez voir apparaître des plaques circulaires ou ovales de gazon bruni ou jaune-brun, dont le diamètre va de quelques dizaines de centimètres à 1,5 mètre environ. Le signe le plus frappant, c'est ce qu'on appelle le « smoke ring » : un anneau de teinte grisâtre ou brun-fumé à la périphérie de la plaque, visible surtout le matin quand la rosée est encore présente. Sur l'herbe morte, on peut parfois distinguer de fins filaments mycéliens rougeâtres ou grisâtres, comme une toile d'araignée très légère. Ces filaments disparaissent dès que le soleil sèche la rosée, ce qui explique pourquoi beaucoup de gens ratent ce détail.
Côté calendrier, la rhizoctonia frappe surtout de fin juin à début septembre en France. Les régions les plus exposées sont celles qui subissent des étés chauds et humides : le Sud-Ouest, la Bretagne, la vallée de la Loire, mais aussi les jardins mal ventilés partout en France. Les zones touchées peuvent rester flétries et de couleur paille même après le pic de la maladie, quand le champignon entre en dormance par temps plus sec ou plus frais. En automne, les plaques peuvent se décolorer vers un beige uniforme et persister jusqu'au printemps si aucune intervention n'a eu lieu.
Au niveau du sol, les lésions apparaissent proches de la surface, sur les gaines foliaires et à la base des tiges. Les feuilles se nécrosent du bas vers le haut, et les racines peuvent sembler saines dans un premier temps, ce qui est un indice utile pour le diagnostic différentiel. La hauteur de tonte influence aussi la lecture des symptômes : plus la tonte est basse, plus les lésions sont visibles et concentrées.
Ce qui déclenche la maladie et ce qu'il faut corriger
La rhizoctonia ne surgit pas par hasard. Elle profite d'une combinaison de conditions que, souvent, on a sans le savoir créées soi-même dans son jardin. Comprendre ces facteurs, c'est déjà tenir la moitié de la solution.
- Températures élevées et humidité prolongée: 20 à 30 °C pendant plusieurs jours consécutifs avec des nuits douces (au-dessus de 21 °C) et une humidité relative forte créent la fenêtre d'infection idéale.
- Feutrage (thatch) excessif: une couche de feutrage supérieure à 1 cm retient l'humidité, réduit la circulation d'air à la base des brins et maintient les feuilles mouillées plus longtemps, notamment via la rosée matinale.
- Mauvaise circulation d'air: haies, murs, arbres proches ou jardins encaissés ralentissent le séchage du gazon après la rosée ou la pluie.
- Arrosage en soirée: arroser tard le soir fait rester le gazon mouillé toute la nuit, ce qui est un accélérateur majeur de l'infection.
- Excès d'azote: une fertilisation trop riche au printemps ou en été produit un gazon tendre et très dense, plus vulnérable aux champignons.
- Tonte trop basse: couper sous 3,5-4 cm en été fragilise le gazon et expose davantage les gaines foliaires.
- Sol mal drainé: un sol compact ou argileux accumule l'eau en surface, prolongeant la durée de mouillure.
- pH du sol déséquilibré: un pH trop bas (en dessous de 5,5) ou trop alcalin fragilise le gazon et favorise les pathogènes.
Diagnostic différentiel : éviter les confusions fréquentes

Avant de traiter, il faut être sûr d'avoir affaire à de la rhizoctonia et pas à autre chose. C'est une étape que beaucoup sautent, et c'est souvent là que des erreurs se glissent. Voici les principaux problèmes qui ressemblent à la rhizoctonia.
| Problème | Aspect des taches | Moment clé | Signe distinctif |
|---|---|---|---|
| Rhizoctonia (brown patch) | Plaques circulaires brunes, anneau de fumée grisâtre en périphérie | Juillet-septembre, chaleur et humidité | Mycélium filamenteux visible le matin sur la rosée, lésions à la base des tiges |
| Anthracnose (Colletotrichum) | Taches jaunâtres irrégulières, noircissement du collet | Fin d'été, stress hydrique | Points noirs (acervules) visibles à la loupe sur feuilles mortes |
| Fusariose (Microdochium) | Plaques orangées à rouge-saumon avec duvet blanc rosé | Automne/hiver/printemps, temps froid et humide | Duvet rose distinctif, pas de smoke ring |
| Dollar spot (Sclerotinia) | Petites taches en forme de pièce de monnaie, beige/paille | Printemps et automne, rosées abondantes | Lésions beiges avec bordure brun-roux, pas de grande plaque |
| Dégâts de sécheresse | Plages jaunies ou brunes sans forme précise | Été, chaleur sans pluie | Pas de mycélium, reprise rapide après arrosage |
| Brûlure par engrais | Taches brûlées, souvent linéaires ou en forme de trajet | Après fertilisation | Correspondance avec les passages, pas de propagation |
| Nostoc (algue bleue) | Film gélatineux vert-noir sur sol nu ou gazon clairsemé | Automne/hiver, sol humide | Aspect gélatineux caractéristique, pas de champignon |
Un diagnostic purement visuel peut être trompeur, comme le soulignent les spécialistes de Penn State. En cas de doute, le contexte compte autant que l'aspect : quelle a été la météo des 10 derniers jours ? Avez-vous arrosé le soir ? Y a-t-il du feutrage ? Si vous cochez toutes les cases « été chaud + humide + gazon dense + arrosage nocturne », la rhizoctonia est le suspect numéro un. Pour une confirmation, un laboratoire de diagnostic phytosanitaire (certains services de chambres d'agriculture en France proposent ce type d'analyse) peut isoler le champignon.
Que faire tout de suite : les premiers gestes d'urgence
Dès que vous suspectez une rhizoctonia, l'objectif est de couper court aux conditions qui permettent au champignon de progresser. Chaque heure de gazon mouillé sous 30 °C est une opportunité pour Rhizoctonia solani de coloniser de nouveaux brins. Voici l'ordre d'intervention.
- Stoppez l'arrosage du soir immédiatement. Si vous arrosez, faites-le tôt le matin (entre 6h et 9h), de façon à ce que le gazon soit sec avant la tombée de la nuit. C'est le changement le plus rapide et le plus efficace que vous puissiez faire aujourd'hui.
- Réduisez la fréquence d'arrosage et arrosez en profondeur plutôt qu'un peu chaque jour. Un arrosage tous les 3-4 jours à raison de 15-20 mm pénètre mieux le sol et fait passer le gazon en mode « robustesse » plutôt qu'en mode « tendre ».
- Relevez la hauteur de tonte. Passez à 5-6 cm minimum pendant les épisodes chauds. Cela réduit le stress hydrique et limite l'exposition des gaines foliaires à l'humidité de surface.
- Ne tondez pas les zones malades quand l'herbe est humide. Vous disperseriez mécaniquement les spores et le mycélium sur l'ensemble de la pelouse. Tondez par temps sec, en fin de matinée.
- Nettoyez votre tondeuse après avoir tondu une zone infectée. Un simple rinçage à l'eau et un essuyage avec un chiffon imbibé d'alcool sur la lame suffisent pour éviter de contaminer d'autres zones.
- Ramassez les chutes de tonte dans les zones touchées plutôt que de les laisser sur place ou de les mulcher.
- Améliorez la circulation d'air: si des végétaux bloquent la ventilation autour de la pelouse, une taille légère peut suffire à réduire la durée de mouillure du gazon de 30 à 50 %.
- Évitez tout apport d'azote pendant la crise. Fertiliser maintenant, c'est nourrir le champignon autant que le gazon.
Relancer la pelouse : aération, défeutrage et sursemis
Une fois la progression stoppée, il faut penser à la reconstruction. Les zones mortes ne vont pas se repeupler seules, et le sol sous les plaques rhizoctoniées a souvent besoin d'être remis en état avant tout sursemis.
Aération du sol

L'aération est probablement l'outil le plus sous-estimé dans la lutte contre les maladies fongiques. En créant des perforations dans le sol (avec un aérateur à lames creuses de préférence), on améliore le drainage, on casse la compaction et on réduit la durée de mouillure à la surface. L’herisson du gazon, ce feutrage et cette matière organique qui s’accumulent trop, peut aussi favoriser la rhizoctonia en retenant l’humidité herisson gazon. Intervenez dès que la maladie est stoppée, idéalement fin août ou en septembre pour la réparation estivale, ou à la fin de l'été si les conditions le permettent. Évitez d'aérer en plein pic de chaleur : vous stresseriez encore plus le gazon.
Défeutrage (scarification)
Si vous avez une couche de feutrage supérieure à 1 cm, une scarification légère s'impose avant le sursemis. Le feutrage entretient l'humidité persistante qui est le terreau idéal de la rhizoctonia. Cela inclut aussi la gestion des racines et des conditions du sol, car la présence de gazon rhizome peut influencer la reprise après la scarification la rhizoctonia. Scarifiez en deux passages croisés, ramassez soigneusement les résidus (qui peuvent contenir du mycélium), et ne laissez pas les débris sur la pelouse. La fenêtre idéale pour scarifier est la même que pour le sursemis : fin août à mi-octobre, ou début septembre si vous êtes dans le Nord ou dans une région à automne précoce.
Sursemis et regarnissage
Pour les plaques de moins de 50 cm de diamètre, un sursemis suffit. Pour les zones plus larges ou totalement nues, un regarnissage plus dense s'impose avec grattage préalable du sol sur 2-3 cm. Voici les étapes clés :
- Grattez légèrement le sol des zones mortes avec un râteau pour mettre la terre à nu.
- Apportez une fine couche (0,5 cm) de terreau ou de sable de jardin pour créer un lit de semence accueillant.
- Semez avec une densité légèrement supérieure à la normale (environ 30-35 g/m²) pour compenser les pertes de levée.
- Choisissez un mélange adapté: des variétés de ray-grass anglais (Lolium perenne) à levée rapide pour la réparation d'urgence, ou un mélange fétuque rouge/ray-grass pour une pelouse plus durable.
- Tassez légèrement avec un rouleau ou le dos du râteau.
- Arrosez chaque matin, en petites quantités, jusqu'à la levée (environ 10-14 jours en conditions estivales).
- La première tonte du sursemis se fait quand les nouveaux brins atteignent 8-9 cm, en relevant la lame à 5 cm.
La fenêtre idéale pour sursemer en France est de mi-août à mi-octobre : les températures du sol sont encore suffisantes pour une levée rapide (au-dessus de 12 °C), et les conditions sont moins favorables à la rhizoctonia. En cas d'attaque en juillet, une réparation temporaire avec du ray-grass peut être faite immédiatement, mais prévoyez un sursemis plus sérieux en septembre. Évitez de sursemer en plein pic de chaleur si les températures dépassent encore 28 °C : les jeunes plantules sont très sensibles au « damping-off » causé précisément par Rhizoctonia spp.
Les traitements fongicides disponibles en France

Soyons honnêtes : pour un particulier en France, l'arsenal fongicide accessible et légalement utilisable sur gazon d'agrément s'est considérablement réduit ces dernières années. Mais des options existent, à condition de les utiliser à bon escient et dans le respect des réglementations en vigueur.
Fongicides chimiques homologués
Des produits comme HERITAGE (à base d'azoxystrobine) ou DEDICATE sont référencés pour traiter Rhizoctonia solani sur gazons de graminées en France, en traitement des parties aériennes. Leur usage est encadré : toujours vérifier que le produit est homologué en France pour l'usage gazon d'agrément (consulter la base e-phy du ministère de l'Agriculture), respecter les délais de réentrée indiqués sur l'étiquette, et ne jamais appliquer par temps venteux ou avant une pluie. Ces produits sont principalement réservés aux professionnels ou aux gestionnaires de terrains sportifs, et leur accès au grand public est restreint.
Pour les particuliers, l'approche préventive et les solutions biologiques sont souvent plus pertinentes que de chercher un fongicide chimique. Si vous êtes un professionnel du paysagisme, une application préventive en début de période à risque (quand les températures nocturnes remontent au-dessus de 20 °C, soit typiquement début juillet en France) est plus efficace qu'un traitement curatif en plein pic. Un traitement curatif peut stopper la progression mais ne fait pas repousser le gazon mort.
Alternatives biologiques
Le Trichoderma harzianum (souche T-22, commercialisé sous le nom Trianum-G par Koppert, entre autres) est un biofongicide qui peut aider à contrôler Rhizoctonia spp. dans le sol. Il agit en colonisant la rhizosphère et en limitant la progression du champignon pathogène. Il s'applique en granulés dans le sol lors de l'aération ou du sursemis, et son efficacité est meilleure en prévention qu'en curatif. C'est une piste intéressante pour les jardiniers qui veulent travailler dans une logique de protection intégrée, en lien avec d'autres pratiques favorisant la vie du sol, comme l'inoculation de mycorhizes (un sujet connexe qui mérite d'être exploré pour la santé globale du gazon). En complément, les mycorhizes peuvent aider à renforcer la vitalité du système racinaire et la résilience du gazon face aux maladies.
Précautions communes à tous les traitements
- Ne jamais appliquer de fongicide sur un gazon stressé par la sécheresse sans arrosage préalable.
- Toujours porter les équipements de protection individuels indiqués sur l'étiquette (gants, lunettes, masque selon le produit).
- Respecter les délais de réentrée (souvent 24 à 48 h pour les produits courants).
- Ne pas traiter à moins de 5 m d'un cours d'eau ou d'un fossé.
- Alterner les familles de fongicides (si plusieurs applications sont nécessaires) pour éviter le développement de résistances.
- Tenir un carnet de traitement: date, produit, dose, conditions météo, résultat observé.
Prévenir la récidive : construire une pelouse qui résiste

La rhizoctonia récidive sur les pelouses fragilisées. Si vous avez eu une attaque cette année, vous devez changer quelque chose dans votre façon de gérer la pelouse pour ne pas revivre la même chose l'été prochain. Voici les leviers les plus efficaces.
Fertilisation raisonnée
Réduisez les apports d'azote rapide en été. Privilégiez des engrais à libération lente au printemps (mars-avril), et un apport de potassium et phosphore en automne pour renforcer les racines et la résistance au stress. En été, si la pelouse manque de couleur, optez plutôt pour un engrais à faible teneur en azote (type 5-5-20) plutôt qu'un booster vert qui va rendre le gazon encore plus tendre et appétent pour les champignons.
Choix variétal : miser sur la résistance
Toutes les espèces de gazon ne sont pas égales face à la rhizoctonia. Si vous cherchez un gazon plus robuste, la koélérie (Koeleria macrantha) peut aussi être envisagée dans certains contextes. Les fétuques ovines (Festuca ovina) et les fétuques de Chéwing (Festuca rubra subsp. commutata) offrent une bonne résistance aux maladies fongiques et une meilleure tolérance à la sécheresse, ce qui est particulièrement utile dans le contexte climatique français actuel. Les mélanges intégrant des variétés de ray-grass sélectionnées pour leur résistance aux maladies foliaires (consultez les listes de variétés recommandées par le GEVES ou l'INOG) sont également un bon investissement à long terme, notamment lors du sursemis annuel.
Gestion du sol et calendrier d'entretien annuel
Voici un calendrier d'entretien pensé pour minimiser le risque de rhizoctonia dans les conditions climatiques françaises :
| Période | Action | Objectif |
|---|---|---|
| Mars-avril | Scarification légère + aération + fertilisation NPK équilibrée | Réduire le feutrage, stimuler la reprise sans excès d'azote |
| Mai | Ajustement de la hauteur de tonte à 4-5 cm | Préparer le gazon avant les chaleurs |
| Juin-juillet | Arrosage le matin, surveillance des premières taches, pas d'azote | Détection précoce, réduction des conditions favorables |
| Août | Aération si sol compacté, sursemis de réparation si besoin | Réparation post-attaque, amélioration du drainage |
| Septembre-octobre | Scarification, sursemis principal, apport de potassium | Reconstitution du gazon, renforcement pour l'hiver |
| Novembre-février | Pas de tonte par gel, éviter la circulation sur gazon gelé | Protection des racines fragilisées |
Pensez aussi à contrôler le pH de votre sol tous les deux ans environ. Un pH entre 6 et 7 favorise une bonne disponibilité des nutriments et un équilibre microbien qui limite naturellement le développement des champignons pathogènes. Si votre sol est trop acide (pH inférieur à 5,5, fréquent dans les régions granitiques ou sous couvert de conifères), un apport de chaux agricole peut faire une vraie différence.
Suivre l'évolution : comment savoir que ça marche
Une fois les mesures engagées, il faut observer régulièrement pour ajuster. Voici les indicateurs concrets à suivre, semaine après semaine.
- Semaine 1-2: les bords des plaques ne s'étendent plus. Le « smoke ring » n'avance plus et reste au même endroit d'une observation à l'autre. C'est le premier signe positif.
- Semaine 2-3: les brins en périphérie des zones touchées semblent se redresser et reverdissent légèrement. Le centre de la plaque reste mort mais ne s'agrandit plus.
- Semaine 3-4: si les conditions météo se sont rafraîchies et que vous avez corrigé les facteurs d'entretien (arrosage, tonte, feutrage), les nouvelles pousses dans les zones sursemées commencent à lever.
- Semaine 4-6: les zones sursemées affichent un gazon fin mais homogène. Une première tonte douce à 6 cm peut être effectuée.
- Semaine 8-10: le gazon est suffisamment dense pour être tondu normalement. La couleur est uniforme et les bords des anciennes plaques sont difficiles à distinguer.
Si après 2 semaines de mesures correctives les plaques continuent de s'agrandir, plusieurs hypothèses sont à envisager : conditions météo toujours défavorables (chaleur persistante, humidité), diagnostic initial incorrect (pensez à l'anthracnose, à une autre maladie fongique, ou à un problème abiotique), ou facteur aggravant non corrigé (arrosage en soirée, feutrage trop épais, sol compacté). Dans ce cas, un diagnostic par un technicien ou un laboratoire est vraiment utile avant d'aller plus loin.
Ce que j'observe souvent sur le terrain, c'est que les gens obtiennent de très bons résultats juste en corrigeant l'arrosage et la tonte, sans aucun fongicide. La rhizoctonia est une maladie de conditions, et dès qu'on change les conditions, elle perd du terrain. Si vous voyez des marques inhabituelles, comme des escargots qui s'installent sur un gazon fragilisé, vérifiez aussi les facteurs d'humidité et l'état de la pelouse escargot gazon. Si vous avez déjà traversé un épisode de ce type sur votre pelouse, partagez vos observations et vos solutions : chaque jardin est différent, et les retours de terrain sont souvent les meilleurs guides.
FAQ
Faut-il arroser quand on voit des plaques de rhizoctonia sur le gazon ?
Oui, mais pas n’importe comment. Si votre but est de limiter la progression de Rhizoctonia gazon, l’arrosage doit se faire tôt le matin pour laisser le gazon sécher avant la nuit, et éviter toute mouillure prolongée. En pratique, quand les plaques sont actives, espacez les arrosages et ne cherchez pas à “noyer” la zone, car vous prolongez la fenêtre de colonisation du champignon.
Quelle hauteur de tonte dois-je garder pendant une attaque de rhizoctonia ?
Attendez un peu selon le moment de l’attaque. Le fauchage tondeuse n’enraye pas le champignon, mais une coupe trop rase augmente le stress et rend les symptômes plus visibles. Visez une hauteur de tonte un cran plus haute que d’habitude pendant la phase de réparation, puis revenez progressivement à votre hauteur habituelle une fois que l’évolution s’arrête (souvent après retour d’un temps plus sec).
Puis-je scarifier et sursemer immédiatement après avoir constaté la rhizoctonia ?
La règle la plus sûre: ne pas se précipiter sur des gestes “esthétiques” en plein pic. Si vous avez des plaques actives et que la météo reste chaude et humide, priorisez l’arrêt de la mouillure (arrosage matin, aération si la pelouse est praticable). La scarification et le sursemis sont plus efficaces quand les conditions redeviennent favorables à la levée, typiquement fin août à mi-octobre en France, plutôt que dès les premiers jours de l’été chaud.
Comment être sûr de ne pas confondre rhizoctonia avec une autre maladie du gazon ?
Sur une pelouse d’agrément, la confusion est fréquente avec l’anthracnose, le piétinement, ou des problèmes de sécheresse. Un test pratique utile: observez la présence du “smoke ring” (anneau grisâtre le matin) et notez l’historique d’arrosage nocturne, de feutrage et de compaction. Si l’évolution continue malgré vos corrections de conditions sur 10 à 14 jours, faites confirmer par un laboratoire ou un technicien.
Que faire des déchets après scarification si je suspecte une rhizoctonia ?
Oui, et c’est un point souvent négligé. Les débris de scarification (et parfois l’herbe arrachée lors du regarnissage) doivent être ramassés soigneusement, car ils peuvent contenir des tissus infectés et prolonger la pression microbienne. Si vous compostez, assurez-vous d’avoir un processus réellement maîtrisé (chaud et homogène), sinon préférez l’évacuation des résidus.
Comment réussir le sursemis après rhizoctonia, notamment sur sol très feutré ?
Pour le sursemis, la graine doit entrer en contact avec un sol propre et pas seulement “posée” sur du feutre. Grattez ou retirez le feutrage avant de semer, puis procédez à un léger recouvrement (très faible, juste pour maintenir les graines en place) et un maintien d’humidité court, sans laisser le gazon détrempé pendant des nuits chaudes. Le piégeage de l’humidité est l’erreur n°1 qui fait échouer la reprise.
Pourquoi la rhizoctonia revient-elle l’année suivante, même si j’ai traité une fois ?
La plupart des récidives viennent d’un “retour” des mêmes conditions, pas seulement de la présence du champignon. Si vous avez eu une attaque, surveillez en priorité: compaction (pistes, passages), épaisseur de feutrage, apports d’azote trop stimulants en été, et arrosage en soirée. Un programme annuel d’aération légère, scarification si nécessaire, et fertilisation mieux étalée réduit nettement la probabilité de re-attaque.
Les fongicides sont-ils vraiment nécessaires, ou peuvent-ils remplacer la réparation du gazon ?
Le fongicide peut limiter la progression selon les produits et leur homologation, mais il ne remplace pas les pratiques culturales. Si vous utilisez un produit autorisé, respectez strictement la période d’application indiquée sur l’étiquette et évitez les traitements par temps venteux ou juste avant une pluie. Surtout, considérez le traitement comme un “pont” pour gagner du temps, puis enchaînez par réparation (aération, scarification, sursemis) pour reconstruire le gazon.
Faut-il continuer à surveiller la pelouse après disparition des plaques ?
Le sol peut rester partiellement “infecté” même quand les plaques se décolorent. Les zones peuvent sembler reprendre au printemps, puis s’étendre de nouveau l’été suivant si les conditions redeviennent favorables. Gardez donc une surveillance sur plusieurs semaines, notez les zones à risque, et planifiez les travaux de structure (aération, correction du feutrage, ajustement de fertilisation) avant la prochaine période chaude.
Quels facteurs du jardin augmentent le risque de rhizoctonia même sans “mauvaise” météo ?
Oui, surtout si votre jardin est soumis à des facteurs récurrents. Un excès d’ombre, une circulation d’air faible, un arrosage automatique mal réglé, et des zones souvent piétinées (entrée, allée) rendent la pelouse plus vulnérable. Identifiez ces micro-zones, modifiez la gestion (horaire et quantité d’arrosage, répartition de l’usage), et traitez d’abord ce qui crée de la mouillure et du stress.
Comment utiliser Trichoderma harzianum pour que ce soit utile en cas de rhizoctonia ?
Oui, le Trichoderma harzianum (T-22) est plutôt une approche de protection dans le sol, pas un “remède miracle” immédiat sur plaques en pleine expansion. Pour maximiser la réussite, appliquez-le au moment où vous travaillez le sol (aération et sursemis), sur un gazon en phase de reprise, et combinez-le avec la réduction du feutrage et de la durée de mouillure. Si l’attaque est déjà très active et que les plaques continuent de s’étendre, continuez d’abord à corriger les conditions.

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